AfricaNenda Foundation mise sur le pouvoir des médias pour renforcer la compréhension du public sur les systèmes de paiement instantané inclusifs (SPII) à travers l’Afrique. À l’occasion d’un atelier de formation de deux jours organisés à Abidjan, en Côte d’Ivoire, 17 journalistes issus de 12 pays africains ont bénéficié d’une formation visant à les aider à transformer des concepts financiers complexes en récits accessibles, renforçant ainsi la confiance du public et approfondissant la compréhension de la finance numérique inclusive.

Les systèmes de paiement instantané inclusifs offrent un potentiel considérable pour transformer la manière dont les Africains envoient, reçoivent et gèrent leur argent. Toutefois, pour que ces innovations produisent un véritable impact, les populations doivent comprendre leur fonctionnement et avoir confiance dans leur utilisation. C’est dans cette perspective qu’AfricaNenda a réuni des journalistes venus de différents pays du continent les 20 et 21 juillet 2026, pour renforcer leurs capacités en matière de couverture médiatique des paiements numériques et de l’inclusion financière.

Au-delà d’une simple formation technique, cet atelier visait à positionner les journalistes comme des acteurs majeurs de l’éducation financière. L’objectif était de leur fournir les connaissances et les outils nécessaires pour expliquer les innovations liées aux paiements numériques dans un langage clair, accessible et engageant, afin d’aider les citoyens à prendre des décisions éclairées concernant l’adoption de ces services.

Durant les travaux, les experts d’AfricaNenda ont présenté les principes fondamentaux qui structurent les écosystèmes de paiement instantané. Les participants ont notamment abordé des notions essentielles telles que l’interopérabilité, l’inclusion financière, l’égalité de genre, le renforcement des capacités locales, la croissance économique, les paiements transfrontaliers ainsi que l’harmonisation des politiques publiques. Les journalistes ont également appris à évaluer le niveau d’inclusivité des systèmes de paiement et à mieux comprendre les facteurs qui contribuent à leur développement et à leur maturité.

Développer l’utilisation des paiements instantanés inclusifs implique également de lutter contre la fraude et de renforcer la confiance des consommateurs. L’atelier a donc mis en lumière les principales menaces pesant sur les transactions électroniques et exploré des mécanismes susceptibles de protéger les consommateurs et de renforcer la confiance dans les services de paiement numérique. Consciente que le journalisme financier ne se limite pas à l’explication technique, AfricaNenda a également consacré des sessions aux reportages centrés sur l’humain, au journalisme de données et à l’interprétation des données. Cette approche permet aux journalistes de traduire le jargon technique et les statistiques en récits captivants illustrant l’impact concret des systèmes de paiement instantané inclusifs sur les individus et les communautés.

L’un des moments forts de l’atelier a porté sur les opportunités offertes par les paiements instantanés aux femmes, notamment celles engagées dans le commerce et l’entrepreneuriat.

Jacqueline Jumah, directrice du plaidoyer et du développement des capacités à AfricaNenda, a souligné que les solutions de paiement numérique constituent de puissants outils d’autonomisation économique des femmes. Elles permettent notamment de réduire les coûts liés aux transferts d’argent, d’améliorer la gestion des flux financiers des entreprises et d’éviter les longues files d’attente dans les institutions financières.

Selon elle, lorsque les femmes bénéficient d’un accès réel aux systèmes de paiement numériques, elles disposent de meilleures opportunités pour développer leurs activités et passer d’une économie de subsistance à une croissance économique durable. Elle a également insisté sur la nécessité pour les décideurs publics de mettre en place des cadres réglementaires favorisant un accès équitable aux services financiers numériques, aussi bien pour les femmes vivant en milieu urbain que rural.

Les paiements transfrontaliers ont constitué un autre thème majeur des échanges. Sabine F. Mensah, directrice générale adjointe de AfricaNenda Foundation, a rappelé que les transferts d’argent entre pays africains demeurent encore lents, coûteux et complexes, malgré leur importance pour des millions de ménages et d’entreprises sur le continent.

Elle a appelé à une collaboration renforcée entre les gouvernements, les régulateurs, les institutions régionales et les partenaires au développement afin de lever les obstacles qui continuent de freiner la fluidité des transactions transfrontalières.

À travers cette initiative, AfricaNenda ambitionne de faire des journalistes des relais de confiance dans la transformation financière numérique de l’Afrique. En informant le public aussi bien sur les avantages que sur les défis liés aux systèmes de paiement instantané inclusifs, les médias peuvent contribuer à un débat public éclairé, renforcer la confiance des citoyens et soutenir la construction d’un écosystème financier numérique plus accessible, abordable et inclusif pour tous les Africains.

L’atelier a réuni des journalistes venus du Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Ghana, Kenya, Libéria, Nigeria, Rwanda, Sénégal et Togo.