Chaque jour, partout en Afrique, des personnes envoient de l’argent pour subvenir aux besoins de leur famille, payer leurs fournisseurs, développer leur activité ou faire du commerce transfrontalier. Trop souvent, ces transactions restent plus lentes, plus coûteuses et plus compliquées qu’elles ne devraient l’être.

La bonne nouvelle, c’est que l’Afrique réalise des progrès significatifs. De plus en plus de pays investissent dans des systèmes de paiement instantanés, l’argent mobile continue de se développer et les infrastructures de paiement régionales se renforcent. Mais la mise en place de ces infrastructures n’est qu’une partie du chemin. Le prochain défi consiste à faire en sorte qu’elles fonctionnent de manière fluide au-delà des frontières.

Afin de faire avancer ce débat, la Fondation AfricaNenda a réuni à Johannesburg, le 23 avril, 31 PDG et cadres dirigeants issus de 25 institutions de l’écosystème des paiements en Afrique,2026. Cette consultation a réuni des banques, des prestataires de services de paiement mobile, des fintechs, des opérateurs d’infrastructures de paiement et des réseaux régionaux afin de débattre d’une question importante :

Que faudra-t-il pour améliorer le fonctionnement des paiements de détail transfrontaliers en Afrique ?

Un message est ressorti de manière constante tout au long des discussions : l’Afrique a réalisé des progrès significatifs dans la mise en place d’infrastructures de paiement. La prochaine étape consiste à veiller à ce que les politiques, la réglementation et la mise en œuvre suivent le rythme, afin que les particuliers et les entreprises puissent en tirer parti.

Le moment ne pourrait être mieux choisi. Le marché africain des paiements transfrontaliers était évalué àt 329 milliards de dollars en 2025 et devrait atteindre 1 000 milliards de dollars d’ici 2035. Pourtant, l’Afrique subsaharienne reste la région où les transferts de fonds sont les plus onéreux au monde, le coût moyen d’un envoi de 200 dollars s’élevant toujours à 7,9 %—soit plus du double de l’objectif de 3 % fixé par les Objectifs de développement durable des Nations unies.

Cette consultation a abouti à une lettre ouverte sur le renforcement des paiements numériques transfrontaliers de détail en Afrique, publiée au nom des institutions du secteur privé participantes. Cette lettre traduit un engagement commun à collaborer avec les décideurs politiques, les régulateurs, les institutions régionales et les partenaires de développement afin de contribuer à accélérer les progrès.

Plutôt que de réclamer la mise en place d’une nouvelle infrastructure de paiement, la lettre ouverte met l’accent sur la création du cadre politique et réglementaire nécessaire pour exploiter pleinement la valeur de ce qui est déjà en cours de développement. Elle met en avant des mesures concrètes susceptibles d’améliorer la coordination, de renforcer la collaboration entre les secteurs public et privé, et de favoriser le développement de services de paiement transfrontaliers plus efficaces.

À mesure que la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) continue de progresser, l’amélioration des paiements transfrontaliers sera essentielle pour soutenir les échanges commerciaux, favoriser la croissance des entreprises et rendre les services financiers plus accessibles à l’ensemble de la population du continent.

Le message de Johannesburg est simple : Les infrastructures sont en place. Le consensus est là. Ce dont l’Afrique a besoin à présent, c’est de passer à l’action.

Nous invitons les décideurs politiques, les autorités de régulation, les institutions financières, les prestataires de services de paiement, les partenaires de développement et l’ensemble de la communauté des acteurs du secteur des paiements à prendre connaissance de cette lettre ouverte et à participer au débat sur les moyens d’accélérer les paiements transfrontaliers en Afrique.

Vous pouvez lire l’intégralité de la lettre ouverte ici : https://africanenda.org/resource/open-letter-on-enhancing-retail-digital-cross-border-payments-for-africa/