Nous pouvons également considérer l’expérience de Chitundu*, un petit entrepreneur qui vend des tissus et des vêtements à Dodoma. Il accepte les paiements en espèces et électroniques, mais à des fins différentes. Certains de ses clients utilisent leur porte-monnaie électronique pour effectuer des achats, en particulier lorsqu’ils n’ont pas d’argent liquide sur eux, mais la plupart privilégient les paiements en espèces lorsqu’ils en ont la possibilité. En revanche, ses fournisseurs de textile aiment être payés par voie numérique, et il paie normalement ses factures d’électricité avec de l’argent mobile. Il s’est rendu compte des avantages que procure l’utilisation des paiements numériques pour son entreprise, car cela lui permet de suivre les recettes de ses ventes, d’analyser ses historiques de paiement et de suivre les paiements de ses fournitures. Il existe par ailleurs des produits de prêt et d’épargne disponibles par le biais des applications des opérateurs de mobile money, ce qu’il trouve également bénéfique. Si les frais de transaction augmentent, il compte cesser d’utiliser les modes de paiement numériques au profit de l’argent liquide dans la mesure du possible.

Bien que les différents SPII offrent des solutions et des expériences de paiement variées aux marchands et aux clients dans toutes les juridictions, de nombreuses histoires sur le continent sont similaires à celles de Kitana et de Chitundu. Ces histoires sont utiles pour éclairer la conception et le déploiement des SPII en Afrique.

S’ils sont conçus et mis en œuvre de façon adéquate, les SPII sont bien placés pour proposer des solutions utiles qui aideraient les utilisateurs vulnérables et traditionnellement mal desservis à effectuer des transactions de manière plus sûre et efficace, à débloquer l’accès à d’autres services financiers, à améliorer les processus commerciaux et, en fin de compte, à améliorer la qualité de leur vie.

Des progrès ont été réalisés pour étendre la portée des paiements numériques, cependant, nous savons qu’il est possible de faire plus.

Qu’est ce qui déclencherait une utilisation plus régulière des paiements numériques pour une plus grande diversification ?

En discutant avec les utilisateurs, nous nous sommes rendu compte que les SPI doivent prendre plus délibérément en compte la réalité qu’ils vivent. Trois constats ressortent de ces échanges :

  • Les paiements numériques jouent un rôle important, mais ne répondent pas encore à tous les besoins en matière de paiement.
  • Les consommateurs estiment que les paiements numériques ne reflètent pas complètement la facilité et la précision associées à l’utilisation d’espèces.
  • Les femmes rencontrent davantage d’obstacles quand elles souhaitent accéder aux paiements numériques et les adopter.

Le rapport sur l’état des SPII en Afrique fournira plus d’informations sur ces idées et mettra en lumière le paysage des SPII en Afrique, ainsi que les possibilités de les rendre plus inclusifs. Le rapport sera publié le 25 octobre 2022 lors du Congrès mondial de la téléphonie mobile de la GSM Association à Kigali, au Rwanda.

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**Personnage fictif représentant la combinaison des points de vue des utilisateurs et des MPME.